Tester du matériel ou un logiciel en conditions idéales est une chose. Les utiliser sur un projet réel, avec un client, un délai serré et des imprévus, en est une autre.
Ce retour d’expérience analyse un projet corporate multicaméra en 4K, monté sur une station intermédiaire, avec plusieurs révisions client. L’objectif n’est pas de juger un outil, mais d’observer comment il se comporte sous pression.

Contexte du projet
Le projet comprenait :
- 3 caméras en 4K
- enregistrement audio externe
- interviews + plans d’illustration
- délai de livraison de 10 jours
- 2 cycles de modifications client
Le volume total de rushs dépassait 500 Go. Le projet final durait 6 minutes.
Phase 1 : dérushage et préparation
La première surprise n’a pas été technique, mais organisationnelle.
Les fichiers provenaient de plusieurs sources avec :
- fréquences d’images légèrement différentes
- profils colorimétriques variés
- noms de fichiers non uniformes

Temps réellement passé :
- 1 journée complète uniquement pour organiser et renommer
- synchronisation manuelle d’une partie des interviews
- création de proxies pour stabiliser la lecture
En théorie, le montage devait commencer immédiatement. En pratique, la préparation a représenté près de 20 pour cent du temps total.
Phase 2 : montage image
Le montage brut s’est déroulé relativement fluide grâce aux proxies. Cependant, certains éléments ont révélé les limites du setup :
- ralentissements ponctuels en multicaméra
- nécessité de désactiver temporairement les effets
- cache saturé au bout de plusieurs heures

Ce qui a réellement aidé :
- travailler par séquences séparées
- regrouper les interviews en blocs validés
- nettoyer le cache en fin de journée
Le montage est resté stable, mais uniquement grâce à une discipline stricte.
Phase 3 : étalonnage et habillage
La colorimétrie a mis en évidence une autre réalité : corriger trois caméras différentes demande plus de méthode que de puissance.
Difficultés rencontrées :
- écarts de balance des blancs
- différences de contraste
- besoin de créer des corrections par caméra avant l’étalonnage global

Le GPU a été fortement sollicité. Certains passages ont nécessité des pré-rendus pour maintenir la fluidité.
Phase 4 : retours client et modifications
Les retours client ont demandé :
- modifications de structure
- changement de musique
- ajustements graphiques
La vraie difficulté n’a pas été technique, mais organisationnelle.
Ce qui a facilité les modifications :
- versionnage clair du projet
- duplication des séquences avant modifications
- archivage des anciennes versions
Ce qui aurait pu poser problème :
- timeline unique non segmentée
- médias déplacés sans relink propre
Ce que ce projet a révélé
Points positifs du setup :
- stabilité globale
- bonne gestion multicam avec proxies
- exports fiables
Points à améliorer :
- gestion anticipée des profils colorimétriques
- stockage plus rapide pour le cache
- plus de RAM pour les sessions longues
Ce projet n’a pas mis la machine à genoux, mais il a révélé les limites à anticiper pour des projets plus volumineux.
Les leçons concrètes
- La préparation est aussi importante que le montage
- Les proxies ne sont pas une option en multicam 4K
- Une timeline structurée sauve du temps en révision
- Le cache doit être surveillé régulièrement
- La méthode compense souvent les limites matérielles
Conclusion
Un retour d’expérience n’est utile que s’il expose les frictions réelles. Ce projet montre qu’un setup intermédiaire peut parfaitement gérer un projet professionnel, à condition que le workflow soit rigoureux.
La performance ne dépend pas uniquement de la puissance brute, mais de la préparation, de l’organisation et de l’anticipation des contraintes.
